Poème sans titre, un de mes tous premiers, inspiré par les Fleurs du Mal de Baudelaire. Merci de respecter les droits d’auteure…
Beauté idéale d’un visage mélancolique
Rattaché à un corps alangui sur sa couche
Encore enveloppé d’une brume onirique
Qui comme un murmure s’évapore de sa bouche.
Ses lèvres, entre le pourpre et le vermeil
S’offrent, charnues, provocantes, entrouvertes.
Emergeant lentement d’un profond sommeil,
La belle retrouve peu à peu un souffle alerte.
Ses yeux noirs à l’éclat sauvage,
Dont le fard sur les joues a glissé,
Envoient encore des étincelles de rage,
Témoins de la violence de la nuit passée.
Son corps meurtri repose sur des coussins
Qui s’imbibent du liquide dégoulinant.
Les draps rougis du sang de son bassin
Gardent le souvenir du passage de ces manants.
Devant ses yeux, formes sanguinolantes,
Dansent comme des spectres les voiles maculés.
Tandis que sous ses mains endolories et tremblantes,
S’agite en spasmes son corps malmené.
Ainsi repose l’infortunée créature
Dont l’existence s’achève dans la souffrance.
Lentement la vie s’échappe de ses blessures
Et elle accueille la Mort comme une délivrance.
Sataset, 2004.

Je pense à toi, comment ça va petite sorcière???